Adieu Monsieur Saïd Akl

Saïd Akl

Saïd Akl

Nous rendons hommage à Saïd Akl décédé ce vendredi 28.11, à l’âge de 102 ans.

A travers son parcours, sa production prolifique (livres, études, poèmes, théâtre, conférences, etc.) le nom de Saïd Akl était devenu synonyme du phénicien « chauvin » ! Tous lui reconnaissent son engagement authentique en faveur des racines cananéennes et phéniciennes du Liban. Il est vrai aussi que son amour excessif l’a poussé vers un lyrisme poétique dépassant souvent les réalités historiques. Cependant, il a eu le mérite de défendre ce passé glorieux et de secouer les consciences revendiquant haut et fort cette appartenance antique exceptionnelle.

A l’instar de Charles Corm avant lui, il a œuvré toute sa vie pour inscrire les origines cananéennes et phéniciennes du Liban, période fondatrice de notre identité. Ces « phénicologues » pionniers, ont étaient accusés, à tort ou à raison, de refuser l’arabité du Liban. Loin de toute polémique politique, nous tenons à préciser leur rôle fondateur de retour aux sources de notre histoire. Aujourd’hui nous revendiquons haut et fort ce passé glorieux. Les institutions prestigieuses, de par le monde, s’évertuent à présenter des expositions consacrées aux Phéniciens, des expéditions scientifiques s’activent pour apporter les preuves tangibles de leurs exploits maritimes.

Saïd Akl s’était démarqué avec son « alphabet libanais », aujourd’hui à « l’ère du mobile », cet alphabet permet aux Libanais de tout bord de communiquer entre eux dans leur langue maternelle qui est un mélange de dialectes depuis le cananéen en passant par le phénicien, l’araméen, le syriaque, le grec, le latin, l’arabe, l’italien, le français, l’anglais et bien d’autres langues !

Tout en défendant son attachement au Liban millénaire, Saïd Akl a écrit la plus grande partie de ses grandes œuvres en langue arabe. Les poèmes portés au firmament par la Diva libanaise Fayrouz, Zahrat al Mada’en (la Fleur des villes, dédiée à Jérusalem) ou encore Ghannaytou Makka (J’ai Chanté La Mecque) sont devenus des chansons emblématiques.

Evoquer le Liban et les idéologies qui le secouent à travers l’histoire, a amené certains journalistes à utiliser le terme « schizophrène » pour qualifier ce qui dépasse leur entendement ou analyse. Nous oublions souvent que le monde est un camaïeu de couleurs dépassant les seules nuances de noir et blanc.

Chanter le Liban, son histoire, sa beauté, sa créativité, a toujours été la seule ambition de Saïd Akl, loin des prétentions personnelles, pour une gloire qui dépasse ce petit pays, géographiquement étriqué, pour un Liban mondialement connu et reconnu.

Que votre âme vogue vers l’éternité

« Ce voyage en Dieu, rien qu’en Lui,
Y défricher, être ébloui
De s’offrir Dieu,
Non plus en rêve ».


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