La culture à l’honneur dans les anciens comptoirs phéniciens

Les liens millénaires entre les cités phéniciennes et leurs comptoirs en Méditerranée, continuent à rapprocher les peuples, au XXI° siècle, via la culture. Carthage, la plus célèbre des installations phéniciennes, fondée en -814 par la princesse Elissa-Didon, est devenue, au fil des siècles, aussi célèbre que la cité métropole de Tyr. Quant à l’île de Malte, à mi-chemin en Méditerranée, elle était la plaque tournante pour le ravitaillement des navires phéniciens. Nous avons évoqué sur ce blog, en août 2014, la découverte de l’épave d’un bateau phénicien datant de 700 av. J.-C.. Il fut trouvé à 120 mètres de profondeur, dans lequel une cinquantaine d’amphores étaient toujours intactes.

En ce début d’année 2018, nous avons la joie de partager avec nos lecteurs les événements exceptionnels mettant en l’honneur les activités culturelles de ces deux lieux.

L’exposition « Carthage et les Étrusques, une si vieille amitié ».

Organisée sous l’impulsion de la direction générale du patrimoine du ministère des affaires culturelles et grâce au mécénat de la Banque Internationale Arabe de Tunisie (BIAT), l’exposition a été inaugurée, vendredi dernier, 19 janvier, par le ministre des affaires culturelles Mohamed Zine El Abidine en compagnie de la ministre du tourisme Selma Elloumi-Rekik et en présence de plusieurs personnalités du monde politique et économique, des ambassadeurs et des acteurs dans le domaine de l’histoire et du patrimoine.

Le public découvrira pour la première fois une collection de plus de 2000 pièces archéologiques étrusques. Parmi ces pièces, la collection en céramique noire dénommée « Bucchéronéro », témoignant de la richesse des relations entretenues par Carthage et ses alliés étrusques. Ces derniers, ayant vécu au centre de la péninsule italienne et dont l’empreinte a largement marqué la culture romaine, ont été désignés par les Grecs sous le nom de Tyrrhéniens avant d’être connue sous le nom Etrusci ou Tusci par les Romains.

Un des joyaux de cette exposition est la plaquette d’ivoire, datée du VIe siècle, figurant un sanglier couché et dont l’inscription étrusque gravée au verso l’identifie comme le plus ancien « passeport » (tessera hospitalis) de la Méditerranée occidentale.

Parmi les activités liées à cette exposition, Jean Gran-Aymerich, directeur de recherches au CNRS de Paris – également directeur de plusieurs programmes de fouilles et spécialiste des civilisations étrusque, phénicienne et punique – présentera une conférence sur l’histoire de Carthage et des Étrusques. L’historien exposera ainsi un panorama des fouilles archéologiques qui ont révélé la présence d’œuvres étrusques sur le site de Carthage depuis la fin du XIX° siècle.

Abdelhamid Largueche, directeur général du laboratoire du patrimoine, annoncera, à cette occasion, plusieurs projets de réaménagement des sites archéologiques à Carthage, la restructuration du parc archéologique de Sidi Bou Saïd ainsi que la création d’un nouveau musée archéologique interactif et pédagogique.

 

La Valette, capitale européenne de la culture, 2018.

L’année dernière, la capitale de Malte, a fêté ses 450 ans. Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, c’est un véritable musée à ciel ouvert. Pour 2018, elle a été promue, capitale européenne de la culture.

L’île de Malte a été une terre de passage et d’installation de beaucoup de peuples. Les premiers qui s’installèrent durant l’Antiquité furent les Phéniciens, vers le X° siècle av. J.C. suivis par les Grecs qui s’installent du VIIe au Ve siècle av. J.-C., les Carthaginois (-480) et les Romains (-218).

Au Moyen Âge, ce sont les Barbares qui s’en emparent, aussitôt chassés par les Byzantins. Commence alors une série d’occupations qui semble ne jamais devoir s’arrêter. Viendra le tour des Arabes qui laissent une influence dans le langage parlé maltais, présent jusqu’aujourd’hui. L’arrivée des Normands mis fin à cette présence. Les conquérants se succèdent : les maisons de Hohenstaufen, d’Anjou, d’Aragon jusqu’à l’arrivée en 1530 des chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem auxquels le roi d’Espagne (Charles Quint) confie la jouissance de ce petit archipel.

En 1566, après un siège des Turcs repoussé in extremis, le Grand maître, Jean de La Valette, lance la construction d’une ville fortifiée qui deviendra la capitale et portera son nom : La Valette. Du séjour des moines soldats, qui durera jusqu’à l’arrivée de Bonaparte en 1798, lors de la campagne d’Égypte, l’architecture de la ville sera imprégnée par de nouvelles constructions qui enrichissent le patrimoine de la ville.

En 1800, les Maltais appellent les Britanniques à l’aide sous prétexte du pillage des biens de l’Église par les troupes napoléoniennes. Les Chevaliers tentent un retour qui sera refusé et l’île intégrera ainsi l’Empire britannique en 1816 jusqu’à l’Indépendance en 1964.

Cette richesse culturelle liée à l’histoire diversifiée et métissée de l’île se reflète aussi dans son patrimoine qui donne à l’île de Malte son cachet particulier. Joyau en Méditerranée, elle est devenue un lieu de rencontres, d’échanges, de brassages, surtout culturellement.

Tous ces atouts ont favorisé sa nomination, capitale européenne de la culture, pour 2018. La Valette présente alors un programme riche et varié, sur le plan musical, théâtral, artistique et autre. L’île invite, par ce biais, tous les curieux du savoir, de la culture, de l’histoire, à venir découvrir ses richesses millénaires.

 


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